A propos de moi  

Je suis un jeune céramiste de 64 ans, de fait autodidacte, qui depuis 2018 produit des pièces en grès, généralement émaillées.

Je vis et travaille à La Rochelle en Charente-Maritime.

 

Parler de céramique ou de sculpture céramique, en ce qui concerne ma production, est un peu réducteur. Chaque œuvre est composée d’une ou plusieurs unités en céramique ET d’un bref texte qui l’accompagne. Si la matière la plus visible et la plus lourde est bien l’argile, l’œuvre est bien ce tout, indissociable.

Ma production est diversifiée et hétéroclite, je le vois bien. Ma façon de produire en est la cause.

J’ai rarement une intention précise en démarrant un travail, tout au plus une idée de taille, de volume. Chaque geste amène le suivant, piloté par la fluidité de la terre, mes limites techniques, l’intuition de l’instant… Improvisation à 100%.

Contre trop de régularité ou contre la forme attendue, je recherche le contrepied, le déséquilibre, le décalage qui emmène ailleurs. Mais où ? Je ne le sais pas en le faisant, mais je le découvrirai à coup sûr plus tard.

A un moment la pièce brute semble dire « assez, plus serait trop ! ». Il faut accepter le verdict. Elle est alors séchée et biscuitée. Elle attendra quelques heures ou parfois quelques mois pour être émaillée.

Comme elle n’est généralement pas pensée en amont, elle bénéficie de l’opportunité de l’instant pour son aspect final, maintenant ou plus tard.

Je lui demande alors de me surprendre, de ne pas me décevoir, mais je maîtrise si peu… on verra.

Ne pouvant rien dire de raisonnable de l’intention précédant la création de chaque œuvre, il ne me resterait qu’à décrire la succession d’aléas et de rebonds lors de la création, accompagnés des tentatives de rattrapage et d’expérimentations pour aboutir à la chose finie, celle qui dit « assez ! ». Alors, que faire ?

Reste à demander aux protagonistes.

J’interroge alors chaque pièce, a posteriori donc, et je lui demande ce qu’elle a à me dire. Et, là, autant son passé est trouble, autant son discours présent est clair. Chaque pièce me raconte une histoire personnelle, venant d’on ne sait où, et il faut bien le dire, souvent, n’allant nulle part, mais ouverte sur le monde, sur l’instant, sur l’éternité, sur le néant, sur le quotidien ou sur le bout de son nez.

Par respect, tout est soigneusement consigné et transcrit pour ensuite accompagner l’objet et certainement constituer une part significative de l’œuvre.

Voilà pour la démarche.

 

Et le public dans tout ça ? Où trouve-t-il sa place ?

Nécessairement, il regarde, il touche parfois, il lit et il discute.

Très averti, il considèrera qu’il n’a pas besoin d’un commentaire pour « apprécier » la pièce, qu’elle doit exister par elle-même (Oui, mais puisque je te dis que le commentaire est aussi l’œuvre ! Enfin, c’est comme tu veux).

Plus néophyte ou plus ouvert, souvent il prendra l’ensemble de la proposition à bras le corps, il s’en amusera parfois et, incrédule, discutera pour énoncer sa vision de la chose et créer ainsi une deuxième œuvre à son idée (là, je jubile).

Le fil conducteur ?

Il va sans dire que de la cascade d’ajustements productifs, rien de très utilitaire ne sort de mes mains. Parfois une forme de vase apparait, mais je me garderais bien d’en garantir une quelconque étanchéité, de même si une silhouette humanoïde se dessine je ne souhaiterais à personne de telles proportions.

Soyons clair, mes créations n’interrogent rien.

Elles répondent.

Elles répondent notamment à toutes les questions importantes de la vie, courantes, familiale, technique, spirituelle, émotionnelle… elles répondent à mille questions que justement, on ne se pose pas et c’est peut-être cela leur intérêt. Aucune ne vise LA réponse, unique, essentielle, existentielle, universelle… mais touche par le menu, par la connivence, par le détail.

D’ailleurs, si on l’interroge à nouveau, il est fort possible qu’elle donne une autre réponse.

Vraiment, je m’amuse.

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